Leçons

Art et politique

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Quels effets politiques le cinéma a-t-il sur nous ?

Il ne s’agit pas de se demander ce que devient l’art lorsqu’il se mêle explicitement de politique mais bien plutôt d’envisager qu’il possède de fait une dimension morale et politique. La difficulté pour l’artiste serait donc moins de parvenir à être un «auteur engagé» que de comprendre qu’il ne peut jamais légitimement prétendre au complet désengagement, à la neutralité ou surtout à la frivolité, cette dernière n’étant que l’étiquette en apparence légère que l’on colle au parti pris le plus lourd de sens : fonder la valeur de l’art sur son innocuité et réduire sa signification à une fonction de délassement. Car si l’on comprend bien tout ce qu’une économie gagne à faire de l’art un moyen supplémentaire de renouveler les forces du travailleur, suffit-il de ne vouloir que plaire pour ne rien dire ?

Pour Rousseau, qui anticipe en cela sur nos courbes d’audience, c’est précisément parce que le théâtre devait plaire pour subsister qu’il était condamné à reconduire les valeurs et les préjugés de son temps. Plus près de nous, Hubert Damisch remarque que le cinéma est exemplaire des effets que l’art en général « est susceptible de produire, éventuellement à leur insu, voire à leur corps défendant, sur ceux-là même qui affirment n’y chercher qu’un simple divertissement » («Au risque de la vue», Peinture Cinéma Peinture). 

La question de la dimension éthique et politique de l’art – ou par conséquent la remise en cause de la valeur inconditionnée des œuvres artistiques – ne vaut que pour celui qui prend l’art au sérieux. 

 

Le cours se compose de huit séances qui se sont tenues dans le cadre de la seconde année d'enseignement de l'Université Conventionnelle, entre février et décembre 2010. On trouvera sur Septembre  l'ensemble des cours, ainsi que les documents afférents.

Un cours de Philosophie de Terminale Scientifique

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L'enseignement philosophique français se veut à la fois général, puisqu'il s'adresse à tous les lycéens préparant un bac général et technologique, et réflexif : il se propose d'armer le jugement de chacun dans l'abord des grandes questions ouvertes à l'expérience humaine, sans placer au premier rang l'apprentissage des doctrine historiques comme des pensées des grands auteurs.

Cette double ambition, indissolublement philosophique et politique, ne va pas de soi. On peut la regarder comme admirable, ou comme ridicule, anachronique ou élitiste. L'évolution des systèmes éducatifs, de la sociologie scolaire ( ne parle-t-on pas désormais de "public" lorsqu'on désigne les élèves?), ou même de la formation et de la position des professeurs de philosophie,  tout cela a en effet nécessairement des conséquences sur la pratique réelle de cet enseignement en Terminale. Il est donc loisible de tirer d'un programme ou d'une conjoncture à peu près toutes les conclusions possibles. En publiant ces quelques notes, il ne s'agit donc ici nullement de dire ce que le cours de Terminale est ou ce qu'il n'est pas.

Le présent cours ne constitue qu'un essai de prise en charge du programme de série scientifique, et un premier effort, alors que je débutais dans le métier, pour tenir les différentes promesses du cours de philosophie. 

 

Notes sur le cours

Cette version a été revue et travaillée durant mes trois premières années d'enseignement, entre 2002 et 2005, dans plusieurs établissement du Nord. Le chapitre politique du programme était habituellement abordé durant l'étude d'une oeuvre suivie, l'Apologie de Socrate de Platon, ou Qu'est-ce que les Lumières? de Kant.

L'économie de marché est-elle morale?

L'économie est au coeur de la vie politique et sociale contemporaine. Pourtant elle reste un domaine mal compris, tant les malentendus sont grands entre les économistes et le grand public. Ce cours se propose d'interroger ces équivoques en posant à l'économie, à partir de textes classiques, des questions de sens commun.

Pour la science économique, le marché n’est qu’un concept, un espace abstrait d’échange et de coordination entre les individus ; en tant qu’objet scientifique, il est donc a priori parfaitement amoral. 

Mais en dehors des cercles académiques, le marché est au contraire souvent perçu comme le loup de la logique marchande entrant dans la bergerie des rapports sociaux : il apparaît comme intrinséquement immoral. Ce hiatus entre conception académique et perception courante contrarie le dialogue entre l’économie politique et la société civile. 

Ce cours se propose donc de faire un examen explicite du concept de marché, en posant à quelques textes classiques (Mandeville, Smith, Marx, Weber, etc.) des questions purement morales : quel est la fin de l’action individuelle ? Et de l’action collective ? Quel est la nature du rapport à l’autre ?

 

Note

Ce cours a été dispensé par Thomas Vendryes en cinq séances de janvier à mai 2009. Les séances et documents sont accessibles sur sa page.