Esthétique

Hegel et les beaux arts

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L’intitulé de cours est déjà une sorte d’avertissement : je ne parlerai pas de n’importe quelle forme d’art. Ou du moins, ce sera pour distinguer ces formes des beaux-arts proprement dits, et non pour en faire l’objet de ma réflexion. 

Mon dessein est double : réfléchir sur les beaux-arts à propos desquels Hegel disait : « l’art, c’est du passé », et proposer une sorte d’introduction à la lecture de Hegel. 


Il est possible d’entrer dans le système hégélien par cette porte, comme on fait depuis longtemps dans les bonnes classes de philosophie. Mais comme toujours, s’il sera question de Hegel, c’est parce que Hegel nous apprend quelque chose de vrai sur les beaux-arts. Ce n’est pas pour donner un résumé d’une philosophie qui donnerait l’impression qu’on pourrait la connaître sans l’avoir vraiment pratiquée, ce n’est pas pour connaître les pensées d’un grand mort.

Son Cours d’esthétique (c’est un cours rédigé après la mort de Hegel à partir de notes d’étudiants et non un ouvrage qu’il aurait lui-même écrit) est tout à fait extraordinaire et permet de comprendre la nature de l’architecture, de la sculpture, de la peinture, de la musique et de la poésie. 


Le cours comporte 17 séances dispensées entre octobre 2013 et mai 2015 à l’Université Conventionnelle. On trouvera sur Septembre les notices de chaque séance ainsi que les enregistrements de la première heure de cours, lorsqu’ils existent. Ces podcasts sont également réunis sous la forme de liste de lecture sur notre compte soundcloud.

Art et politique

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Quels effets politiques le cinéma a-t-il sur nous ?

Il ne s’agit pas de se demander ce que devient l’art lorsqu’il se mêle explicitement de politique mais bien plutôt d’envisager qu’il possède de fait une dimension morale et politique. La difficulté pour l’artiste serait donc moins de parvenir à être un «auteur engagé» que de comprendre qu’il ne peut jamais légitimement prétendre au complet désengagement, à la neutralité ou surtout à la frivolité, cette dernière n’étant que l’étiquette en apparence légère que l’on colle au parti pris le plus lourd de sens : fonder la valeur de l’art sur son innocuité et réduire sa signification à une fonction de délassement. Car si l’on comprend bien tout ce qu’une économie gagne à faire de l’art un moyen supplémentaire de renouveler les forces du travailleur, suffit-il de ne vouloir que plaire pour ne rien dire ?

Pour Rousseau, qui anticipe en cela sur nos courbes d’audience, c’est précisément parce que le théâtre devait plaire pour subsister qu’il était condamné à reconduire les valeurs et les préjugés de son temps. Plus près de nous, Hubert Damisch remarque que le cinéma est exemplaire des effets que l’art en général « est susceptible de produire, éventuellement à leur insu, voire à leur corps défendant, sur ceux-là même qui affirment n’y chercher qu’un simple divertissement » («Au risque de la vue», Peinture Cinéma Peinture). 

La question de la dimension éthique et politique de l’art – ou par conséquent la remise en cause de la valeur inconditionnée des œuvres artistiques – ne vaut que pour celui qui prend l’art au sérieux. 

 

Le cours se compose de huit séances qui se sont tenues dans le cadre de la seconde année d'enseignement de l'Université Conventionnelle, entre février et décembre 2010. On trouvera sur Septembre  l'ensemble des cours, ainsi que les documents afférents.