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Un cours de Philosophie de Terminale Scientifique

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L'enseignement philosophique français se veut à la fois général, puisqu'il s'adresse à tous les lycéens préparant un bac général et technologique, et réflexif : il se propose d'armer le jugement de chacun dans l'abord des grandes questions ouvertes à l'expérience humaine, sans placer au premier rang l'apprentissage des doctrine historiques comme des pensées des grands auteurs.

Cette double ambition, indissolublement philosophique et politique, ne va pas de soi. On peut la regarder comme admirable, ou comme ridicule, anachronique ou élitiste. L'évolution des systèmes éducatifs, de la sociologie scolaire ( ne parle-t-on pas désormais de "public" lorsqu'on désigne les élèves?), ou même de la formation et de la position des professeurs de philosophie,  tout cela a en effet nécessairement des conséquences sur la pratique réelle de cet enseignement en Terminale. Il est donc loisible de tirer d'un programme ou d'une conjoncture à peu près toutes les conclusions possibles. En publiant ces quelques notes, il ne s'agit donc ici nullement de dire ce que le cours de Terminale est ou ce qu'il n'est pas.

Le présent cours ne constitue qu'un essai de prise en charge du programme de série scientifique, et un premier effort, alors que je débutais dans le métier, pour tenir les différentes promesses du cours de philosophie. 

 

Notes sur le cours

Cette version a été revue et travaillée durant mes trois premières années d'enseignement, entre 2002 et 2005, dans plusieurs établissement du Nord. Le chapitre politique du programme était habituellement abordé durant l'étude d'une oeuvre suivie, l'Apologie de Socrate de Platon, ou Qu'est-ce que les Lumières? de Kant.

Une lecture de l'opuscule de Kant Qu'est-ce que les Lumières? (1784)

Qu'est-ce que les Lumières? constitue une lecture incontournable à plus d'un titre. Revendication tranchante de la liberté de conscience et d'expression, le bref article de Kant appartient d'abord indéniablement à la poignée de classiques de l'émancipation humaine.

Mais par sa brièveté et sa netteté, le texte a également trouvé une place plus prosaïque parmi les oeuvres les plus souvent étudiées en Terminale. La classe y trouve en effet une introduction à la philosophie elle-même, en ce qu'elle lie nécessairement la liberté humaine et l'instruction, et une réflexion profonde sur l'ordre politique. Jusqu'où peut aller la loi? La religion est-elle fondée à inspirer le législateur ? Que devons-nous aux autres ? Telles sont quelques unes des questions que soulèvent l'oeuvre et que le lecteur méditera à sa suite.

A la fois vade mecum de la liberté de l'esprit et interrogation sur les droits que l'Etat possède sur les consciences, ce texte mérite ainsi mieux que sa réputation de lieu commun scolaire. Cette lecture suivie se proposera du moins d'en convaincre le lecteur.

Note

Ce cours a été dispensé sous des versions diverses par Frédéric Dupin en classe de Terminale en 2004-2005, 2007-2008 et 2016-2017.